CELLE QUE VOUS CROYEZ

D’après le roman de Camille Laurens

C’est l’histoire de Claire Millecam, une femme de 48 ans, enseignante, divorcée, qui crée un faux profil sur Facebook : celui d’une jeune femme de 24 ans, nommée Claire Antunès, qu’elle accompagne de la photo d’une jolie brune qui n’est évidemment pas la sienne. Pourquoi fait-elle cela ?

À l’origine, pour tenter d’avoir accès aux informations de Jo, son amant épisodique, fuyant et inconstant. Comme Jo n’accepte que des gens qu’il connaît personnellement, Claire, sous sa fausse identité, fait une demande d’amitié à son plus proche ami, Chris, 36 ans, espérant glaner ainsi des renseignements sur Jo. Chris l’accepte tout de suite comme amie, et commence alors un échange de messages qui se transforme peu à peu en liaison amoureuse. Liaison virtuelle, évidemment, puisque la belle Claire Antunès est une invention, un fake... Celle que vous croyez interroge la question du désir féminin en lien avec le temps qui passe, et dresse, plus généralement, un panorama de l’amour au temps des réseaux sociaux. Facebook permet en apparence de s’exposer publiquement, de se livrer à des confidences, mais surtout de mentir, de s’inventer une autre vie, entraînant une fictionnalisation de soi-même, mélange de naïveté sentimentale et de perversité manipulatrice qui n’a rien à envier aux nouvelles et romans libertins du XVIIIe siècle.

Affiche CELLE QUE VOUS CROYEZ

L’auteur:

Camille Laurens

Camille Laurens est une romancière française originaire de Dijon. Agrégée de Lettres modernes, elle a enseigné en Normandie puis au Maroc où elle séjourne pendant douze ans en s’attelant à la rédaction de ses trois premiers romans. Son premier livre, Index est publié en 1991 aux éditions POL, constituant une tétralogie composée de Romance (1992), Les travaux d’Hercule (1994) et L’avenir (1998). En 1995, l’auteure est confrontée à un drame personnel : la mort de son enfant. Suite à cet événement bouleversant, elle délaisse la fiction pour se mettre à l’autofiction, écriture de l’intime et évoque ce drame dans Philippe (1996) et Cet absent-là (2004).

L’oeuvre de Camille Laurens connaît un succès retentissant et se voit couronnée de nombreux prix. En 2000, avec Dans ces bras-là, elle obtient le prix Femina et le prix Renaudot des lycéens. Son essai La petite danseuse de 14 ans (2017) reçoit le prix David de l’expertise et le prix Eve-Delacroix de l’Académie Française en 2018. Aussi, son roman L’amour (2003) fait partie de la sélection des 100 romans qui ont le plus enthousiasmé Le Monde depuis 1944 et enfin Fille (2020) est élu Meilleur livre de l’année par Lire le magazine littéraire.

« Il n’y a jamais eu pour moi de grande différence entre le désir d’aimer et le désir d’écrire. C’est le même élan vital, le même besoin d’éprouver la matérialité de la vie. Aimer, écrire : rester vivante ». Camille Laurens

De 2007 à 2019, elle fait partie du jury du prix Femina. Depuis septembre 2015, elle tient une chronique mensuelle dans Libération.
Elle est membre de l’Académie Goncourt depuis 2020.
Ses ouvrages sont traduits dans une trentaine de langues.
En 2019, Celle que vous croyez, roman paru en 2016, est adapté à l’écran par Safy Nebbou avec Juliette Binoche dans le rôle principal.




Note d’intention de la metteuse en scène

Albane Laquet


Adapter au théâtre le roman Celle que vous croyez est en premier lieu, faire le choix d’un texte, d’une langue, d’une auteure que je lis avec passion. À l’instar de chaque amoureux de littérature, je me suis constitué au fil des lectures mon panthéon personnel d’écrivains. Camille Laurens y figure depuis longtemps, définitivement, et chacune de ces nouvelles publications prend pour moi l’allure d’une fête.
Camille Laurens, en héritière de Marguerite Duras, écrit pour se sentir vivante. Peut-on par conséquent trouver un meilleur endroit qu’une scène de spectacle vivant pour faire entendre ses mots ?
L’ idée d’adapter au théâtre un de ses livres ne m’a jamais quittée et j’ai tout naturellement pensé à elle pour ma prochaine création.
Si ma préférence est allée vers Celle que vous croyez, c’est parce que ce texte traite du désir féminin, du déséquilibre entre l’homme et la femme, des relations amoureuses au temps des réseaux sociaux... thématiques qui me touchent intimement.
Le roman est constitué de plusieurs histoires qui s’imbriquent les unes avec les autres. Pour mon adaptation théâtrale, j’ai choisi de n’en retenir qu’une, celle de Claire 48 ans, qui s’est créé un faux profil Facebook de femme de 24 ans, afin d’incarner les fantasmes de l’homme qu’elle cherche à séduire.
Sur scène, en s’adressant à son psy, Claire se raconte, nous raconte sa vie de femme occidentale, enseignante, mère de deux enfants, divorcée et amoureuse. Sa parole est empreinte de douleur, de rage, mais aussi de beaucoup d’humour et d’ironie, témoignant par là même, de son invincible énergie vitale.
Dès le commencement de son récit, nous comprenons qu’un drame a eu lieu qui l’a conduite dans une maison de repos depuis plus de 3 ans et nous écoutons sa version à la manière d’enquêteurs de l’âme humaine. Mais Claire joue et s’invente. Alors comment savoir la part de vérité et celle de la fiction ? Qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui est fantasmé ? Existe-t-il une seule vérité ?
f Une histoire a toujours plusieurs versions selon les narrateurs et c’est ce que l’on découvrira dans la deuxième partie du spectacle avec l’audition du psy de Claire. Les mots du docteur Marc B. m’ont paru indispensables pour clôturer cette pièce, tant pour avoir les clés de compréhension de cette tragédie, que pour entendre une parole masculine pleine de tendresse et d’humanité.
À l’heure où de grands bouleversements s’opèrent pour les femmes comme pour les hommes dans notre société actuelle, je vois dans cette proposition de pièce de théâtre une merveilleuse invitation à la réflexion, une contribution à une nécessaire évolution et une délicieuse proposition de réconciliation.


Adaptation et Mise en scène :Albane Laquet


Distribution


Avec Karin Martin-Prevel, Michaël Maino,


Scénographie : Line de Carné


Création vidéo : Catherine Demeure


Création lumière : Isabelle Picard


Photographie : Gaëlle Doutre


Création sonore : Jean-Baptiste Augros


Yannick Moréteau, artiste numérique.


Coproduction : Théâtre l’Allegro - Miribel et le Théâtre de la Grenette – Belleville sur Saône



Les résidences de créations


Le Théâtre National Populaire, l’espace culturel Eole,